Le petit canard

ASSOCIATION ROGER RIOU

Bulletin d'octobre 2006

Sommaire.

Editorial.

Chers amis,

Comme vous vous en êtes apercu, la revue a changé de présentation : papier aminci pour compenser l'augmentation du tarif postal, qui n'a pas renouvelé son contrat préférentiel avec l'Association. Par souci d'économie, la revue ne paraîtra plus que deux fois par an, au printemps et en automne.

Mais, parallèlement, notre site internet fait ses premiers pas, lien et découverte pour les surfers. Les nouvelles y seront actualisées, attirant ainsi de nouveaux lecteurs, qui, nous l'espérons, deviendront nouveaux adhérents.

Que les internautes se fassent connaître en prenant contact avec nous, ou en inscrivant leurs nom, prénom et adresse internet à l'endroit préposé en fin de bulletin.

Précisez également si vous souhaitez ne plus recevoir le bulletin sur papier - économie pour l'Association.

Francine Fritel

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Nouvelles de l'Association.

Où sont allés vos dons ?

Vous avez contribué, nombreux, à l'amélioration de vie dans des endroits particulièrement démunis. Voici comment ont été attribuées les sommes reçues en 2006, compte tenu des intentions exprimées :

Pérou, Foyer de Charité 3.000 Euros
Haïti :
Port au Prince, Ecole Providence 10.000 Euros
Père Chevalier à Chansol 430 Euros
La Tortue :
Enfants , Frère Jo 2.000 Euros
Citernes 2.500 Euros
Hôpital 840 Euros
Total 18.770 Euros

A Madagascar les sommes seront réparties en fin d'année, selon les ressources disponibles. En 2005, Madagascar avait reçu, pour l'ensemble de ses activités, la somme de 21.200 Euros.

Adieu la Tortue réédité pour Noël

Le livre de Roger Riou vient d'être réédité.

Il est disponible chez Francine Fritel au prix de 28 Euros (chèque libellé au nom de "Association Roger Riou" ) 67, rue du Ranelagh 75016 Paris. Pensez à vos cadeaux de Noël, ce livre a toujours beaucoup de succès.

Quarante ans de mariage généreux.

Monsieur et Madame Bernard Bergier, amis du Père Boichut, ont organisé une collecte à l'occasion de leurs quarante ans de mariage. Déjà très engagés pour Madagascar, ils ont refusé les cadeaux pour améliorer le fonctionnement des écoles de brousse, et ont récolté plus de 1.600 Euros. Nous les remercions, ainsi que leurs amis, de ce geste fraternel.

Un nouvel ami pour l'Association.

A Paris, nous avons rencontré le Père Sauveur Content, originaire de Jacmel (Haïti), et intégré à la paroisse St Honoré d'Eylau. Il vient d'être reçu avec mention TB à la maîtrise en Sciences de l'Education. Son charisme est tel que ses étudiants l'ont invité à un séjour en Chine ! Bien que passionné par son travail à Paris, il aspire à retourner vers son pays et participer à son relèvement. Nous serons heureux alors de pouvoir l'aider.

Dans notre prochain numéro.

Une de nos jeunes cousines, Marie, termine un séjour de quelques semaines au Pérou, au Foyer de Charité Santa Rosa, auprès du Père Roger Duval. Elle nous racontera ses impressions dans le prochain bulletin. Fera-t-elle des émules ?

De Colombie.

Nous recevons avec joie une lettre du Père Ivan Salgado, qu'il a la gentillesse de rédiger en français. Vous retrouverez plus loin les nouvelles qu'il donne, malheureusement peu encourageantes. Et aussi, les témoignages que vous attendez d'Haïti et de Madagascar.

Le départ d'Andrée Marcellis.

Andrée Marcellis prend sa retraite de l'Assocaiton belge. Elle a été pendant 30 ans le pilier de l'Association Roger Riou d'outre-Quièvrain. Nous nous sommes épaulées autour de projets communs et ces échanges entre les deux associations ont scellé une amitié profonde. De plus jeunes ont pris la relève, ajoutant aux missions d'origine leur soutien à d'autres pays du monde. Andrée peut être fière des combats qu'elle a menés, aux côtés de Roger Riou. Aujourd'hui, la main passe, mais la chaîne ne rompt pas.

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MADAGASCAR

La santé reste une préoccupation importante.

On a beaucoup parlé du chikunguya à la Réunion. Mais pas du tout de cette épidémie qui s'est propagée en même temps que la dengue et la malaria sur la côte est de Madagascar. Soeur Marguerite Marie, de Tamatave nous écrit en février :

"Depuis longtemps je voulais vous écrire, mais les monitrices se succèdent à être malades, déjà trois semaines qu'elles sont au lit, après une grosse fièvre, une grande fatigue.

Le sérum, les quinines, fasidar, il n'y en a presque plus à la pharmacie.

A six heures du matin, les gens font la queue pour acheter les médicaments. A l'hôpital, qui est plein, des gens couchent par terre sur un matelas.

Je n'ai jamais vu une épidémie pareille à Tamatave."

Cela ne l'empêche pas de faire des projets pour la rentrée, ouvrir un petit atelier de confection, avec vente, pour stimuler les élèves et acheter ainsi deux machines à coudre.

Même son de cloche à Brickaville :

"Après un repos de quelques jours à Tana, (sur les Hauts Plateaux, à 1200 m, le climat est plus sain) cela va mieux."

nous dit le Père Claude Boichut,

"Mais la maladie poursuit sa course : j'ai commencé à avoir les poignets très faibles, et la nuque bien raide. Impossible de tourner la tête à droite ou à gauche. Liva se plaint de ne pouvoir encore lever les bras plus haut que la tête. ll a dû renoncer à partir en tournée de brousse.

Il en est de même chez les soeurs qui ont fermé trois classes avant les vacances.

Tout le monde est épuisé."

ANTSIRAMANDROSO

Le dispensaire tourne à plein.

Le dispensaire d'Antsiramandroso, très dynamique, est en plein essor et draine vers lui des malades toujours plus nombreux.

Nous sommes fiers de participer grâce à vous à ce programme de soins et de formation. 500 actes opératoires ont été pratiqués, sur 800 malades ; en moyenne extraction de 2 dents par malade (dents de lait, dents définitives).

Il reste un grand travail d'éducation à faire dans ce domaine. On relève essentiellement les maladies suivantes : paludisme (30 % de cas à la consultation), infection respiratoire aigüe, dermato, puis malnutrition et diarrhée, et chez les jeunes maladie sexuellement transmissible (5 %)

Un effort particulier pour la protection de la mère et de l'enfant de moins de 5 ans a été entrepris. Consultations pré et postnatales régulières, distribution de moustiquaires imprégnées antipalu, principale cause de la mortalité infantile et maternelle au cours de la grossesse et de l'accouchement.

La prise en charge de la tuberculose est maintenue. En gardant les malades au centre, 89 % d'entre eux sont guéris, grâce à la polychimiothérapie.

Les lépreux reçoivent leur traitement, et restent chez eux.

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HAITI

L'espoir demeure.

A Haïti, autrefois "perle des Antilles", chantée par le poète.

Aujourd'hui "chaos qui fonctionne", ainsi définie par un écrivain. Le Père Maurice Piquard, à Port-au-Prince, garde l'oreille ouverte sur l'histoire du pays, et nous la raconte...

"On raconte qu'un paysan avait décidé de donner à ses enfants des noms tirés de l'histoire d'Haïti.

Il eut un premier garçon qu'il appela "Christophe". Un second, "Colomb". Puis une fille, dénommée "Débarka".

Le livre d'Histoire d'Haïti commence en effet par ces mots :

"Christophe Colomb débarqua au Môle St Nicolas..."

L'histoire retient cette date du 5 décembre 1492, vigile de la fête de St Nicolas, comme date de ce qu'on a appelé la découverte."

Au kindergarten Providence, il espérait en septembre 2005 une rentrée joyeuse dans des locaux agrandis, récupérant - en toute légalité - deux mètres sur la rue, et en donnant un toit à la cantine du sous-sol. Un financement bien établi, auquel l'Association a largement contribué, ainsi que la Fondation Air France avec 5.500 Euros. Mais un des donateurs n'ayant pas tenu parole, les classes déjà éventrées, il fallut retarder la rentrée d'un mois. Durs moments et année difficile à gérer.

Maintenant, c'est l'embellie.

Message du Père Maurice.

Le 7 juillet 2006

"Au kindergarten, seuls les achats de matériaux ont pu commencer cette semaine,le ciment, le fer et les parpaings, déposés dans les salles de classe.

Les ingénieurs vont arriver : l'année dernière, ils ont refusé leur salaire devant l'urgence des travaux , et alors que les finances étaient à sec. Il représente 10 % du budget sur les 18.000 dollars US du projet : 600 dollars chacun, ce n'est pas exagéré pour trois mois de travaux. Ils vont reprendre fin juillet.

Il faut dire aussi que les jours de matches on ne pourrait avoir personne au travail l'après-midi, ça n'est pas négociable. Les matches sont transmis en direct, vers 15 heures. C'est déjà de la chance de pouvoir acheter les matériaux.

Recrudescence des actes de banditisme à Port-au-Prince, pneus brûlés. Ils avaient averti qu'ils attendraient la finale de la coupe du monde, mais du moment que le Brésil est éliminé, la coupe est finie pour beaucoup d'entre eux !!!

Ce matin, j'étais à la tonnelle Galilée pour la messe de midi, mon Dieu qu'il fait chaud sous les tôles !

Cette lettre donne une bonne idée de l'ambiance, mais elle ne dit pas tout, on s'habitue.

Dans la capitale, en mars 2006, on distribuait l'électricité une heure tous les trois jours. les bougies fleurissaient, mais la chaîne du froid fondait. Le téléphone, internet, tombaient en sommeil ; sans raison. On apprenait souvent que les lignes étaient piratées, changeant ainsi d'usagers.

Les ordures, jetées "devant" s'amoncellent en débordant sur les terrains en pente. Mieux vaut ne pas habiter en aval. Un camion-benne en fait le ramassage une fois par mois, débarrassant en partie déchets et puanteur. Si par chance il pleut, tout est charrié vers la rivière. En mars, il n'est pas tombé une goutte."

Désarmement des gangs en Haïti.

Le Gouvernement haïtien a annoncé hier le lancement prochain d'un programme de "désarmement, démantèlement et réinsertion des gangs", qui se sont déclarés prêts à y participer mais ont exigé des garanties.

La Croix, le 14-11-06.

Haïti parie sur la mangue pour vivre mieux.

Depuis près de deux ans, Aquin, petite ville du sud d'Haïti fait les yeux doux à ce fruit vert et rouge. S'il a la cote ici, c'est avant tout parce qu'il a la cote là-bas, dans l'autre monde : les américains en raffolent et sont prêts à payer le prix fort, 1 ou 2 dollars la mangue, sur les étals américains. Un marché ethnique : trois fois sur quatre, l'acheteur est un haïtien vivant aux Etats-Unis.

Une ONG française "Agronomes et vétérinaires sans frontière" a regroupé des paysans, souvent analphabètes, pour les aider à améliorer la production. Secouer les branches et ramasser les mangues qui tombent, c'est la tradition. Mais un fruit cabossé, abîmé, les américains, même originaires d'Haïti n'en veulent pas. D'où un outil simple, comme une toile que l'on tend sous les arbres pour amortir le choc.

Autre initiative : greffer un manguier (Haïti en possède 130 espèces) pour obtenir les mangues francisques, les plus appréciées outre-Atlantique.

En deux ans, le manguier est transformé et produit davantage.

Gilles Biassette, envoyé spécial du journal La Croix, le 09-02-06.

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L'ile de la Tortue

LA TORTUE.

Quand l'espoir s'accroche à l'amitié.

En janvier 2006, Idescieux sollicite une aide pour la construction des citernes :

"Maman, si l'Association R. Riou peut nous aider à payer un autre moule, ce sera un gros cadeau. Aide-nous à prier et écris des mots intéressants dans votre journal pour sensibiliser les gens à investir dans ce projet humanitaire.

Maman Francine, nous attendons avec deux bras ouverts votre retour dans votre île en 2006. Vous êtes la maman de la Tortue comme le Père Riou était le papa. Seulement, Maman, vous ne revenez pas en voiture, mais en avion.

J'organiserai le bateau pour votre entrée dans l'île de la Tortue."

Et en avril 06 :

"Ces petits mots afin de vous remercier pour le don de 25.000 gourdes (500 Euros) qui a permis de construire trois jolies citernes pour les nombreuses familles. Onze familles bénéficient des eaux de ces citernes.

Les responsables sont :

Citerne 222 : Madame Philippe Saint Fleur à Basse-Terre.

Citerne 223 : Marie-Ange Tervil à Tandron.

Citerne 224 : Monsieur et Madame Anousse Pierre à Boucan-Guêpe.

La Tortue tout entière vous dit merci, Mère.

Et aussi pour la visite du mois de mars."

Idescieux, nous avons suivi tes conseils, l'avion est plus sûr, et, comme promis, tu étais à l'aéroport. Tu as également réussi à trouver un taxi acceptant de se rendre à St Louis.

En effet, ce trajet d'une heure casse les voitures, pneus, essieux et aussi passagers. A l'arrivée, le voilier-pays nous attendait sur le sable, prêt à "jamber". Tout se déroulait bien, calme la mer, léger le vent, rafraîchissantes les vagues ruisselant dans le dos.

Une petite hésitation pourtant en débarquant chez les frères, qui nous ont hébergées à bras ouverts. Quelle attitude avoir devant le rat énorme qui gambade sur le lit ? Réponse : un chat chasseur en fera son affaire. Bien installées, Danièle Nadal et moi-même avons eu la joie de constater que, à la Tortue, les choses avançaient :

Un directeur est enfin nommé à l'hôpital. Jeune et dynamique, Louis Jacquelin prend son rôle très au sérieux, déchargeant le Dr Molière des tâches administratives. Il souhaite remettre l'hôpital sur ses rails après tant d'années d'assoupissement. Lors de réunions avec les responsables, ils dressent ensemble la liste des urgences.

Nous avons développé une coopération très bénéfique avec l'Appel, association qui ouvre pour les enfants du monde et effectue plusieurs fois par an des séjours sur l'île.

Hubert Chegaray, le Directeur, ainsi que le Dr Sophie Lemerle, rencontrés sur place, apprécient avec compétence l'urgence des demandes. Les séjours fréquents qu'ils effectuent leur permettent d'encadrer les travaux et leur financement.

Ainsi avons-nous co-financé une dalle en béton pour la citerne de l'hôpital, tout en ne cédant pas à la pression pour la réfection du portail d'entrée, qui ne nous semblait pas être une priorité absolue.

C'est par l'intermédiaire de l'Appel également que Pernod Ricard a, par deux fois, subventionné la construction de trente citernes familiales. Ce don important nous permet d'attribuer en partie à l'hôpital les dons réservés aux citernes.

Rien de mieux pour découvrir la Tortue qu'une escapade sur la côte Nord, sauvage, abrupte. Un labyrinthe de sentiers pierreux, entrecoupés de torrents, aboutit en 3 heures aux grottes-galeries, au Trou d'enfer. Les poignes vigoureuses des tortugais, Idescieux, ses amis, ainsi que le frère Jo nous ont permis de survivre.

Tout au bout, la mer, paysage grandiose et dramatique.

De jeunes garçons font le pari inouï de jeter leur radeau du haut des falaises, pour une pêche miraculeuse. Ils n'en reviennent hélas pas tous.

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Histoire vraie, pour rire, ou pour pleurer, en Haïti.

Extrait d'un rapport de police.

Février 2006, Port-au-Prince.

Un inspecteur principal, accompagné d'un agent, est appelé à témoigner à la suite de coups de feu :

"Vers 4 heures dans la nuit du 27 au 28 décembre, on a entendu un coup de téléphone dans notre oreille. Comme c'était urgent, on a pris la pick-up qui avait du gaz.

Après une pile d'essais de partir, le pick-up, tout-à-coup recula pour mieux avancer.

Arrivés sur les lieux, nous la faisions avancer pour reculer afin de nous mettre à couvert. La madame nous attendait.

Notre intelligence nous a fait tout de suite découvrir un cadavre de deux disparus par balles devant la maison, avec plusieurs coups de couteaux à la gorge et sur le visage de l'une des victimes. Celle-ci était morte d'une mort qui n'était pas naturelle, qui était préméditée car la tête était coupée en deux par la balle de gros calibre de guerre.

Tous les morts ont formellement reconnu Madame D. en la regardant avec leurs yeux ouverts chaque fois qu'elle passe devant eux.

Le présent rapport est acheminé à la justice."

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COLOMBIE.

Brèves nouvelles.

Message du Père Ivan :

"Par ici, tout le temps c'est la même chose. L'accroissement de la guerre, de la pauvreté, de l'injustice. Je ne sais pas, qu'est-ce que nous devons faire ?

Nous disons de mal en pis chaque jour. Mais cette réalité nous invite à travailler fortement pour nos frères et soeurs."

A Medellin, le Père Jean-Claude s'est remis d'une intervention chirurgicale en avril.

Du Père "Quique", parti au Canada pour se soigner, on ne sait pas grand-chose. C'est lui qui avait monté la petite école de Païpa pour jeunes adultes. A son départ, il y a eu naturellement des problèmes.

Nous attendons un peu plus de stabilité pour continuer à apporter des subventions à cette école de brousse, très attachante.

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