Le petit canard

ASSOCIATION ROGER RIOU

Bulletin de février 2008

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Sommaire.

Madagascar.

La vie telle qu'elle est vécue.

Vie des Associations ...

Bébé en corbeille Cliquer sur cette petite photo.

Editorial.

A vous tous, chers amis qui soutenez l’Association, une très bonne nouvelle à vous annoncer, élément d’espoir en ce début d’année : Maître Chataing, notaire à Sury le Comtal, dans la Loire, nous informe que Madame Prével, décédée il y a plus de 3 ans, a institué l’Association légataire particulier d'une part de ses biens immobiliers. Le processus administratif a pris de longs mois, aussi bien du coté de la Préfecture, pour l’autorisation de recevoir le legs, que de l’Etude de Maître Chataing. La situation est maintenant débloquée, la première somme sur le point d’être versée.

Après délibération du bureau, le projet retenu a été celui de la reconstruction de la Maternité de l’Hôpital de la Tortue en Haïti, qui est dans un état de délabrement insoutenable. Madame Prével, fidèle de l’Association depuis de nombreuses années, avait connu le Père Riou, ses débuts à la Tortue, et souhaitait parrainer une cause médicale.

L’hôpital, construit il y a une trentaine d’années par Roger Riou a été l’objet de nombreuses déprédations. Il se remet graduellement, mais lentement, grâce à des dons variés. La population de l'île atteint maintenant 40.000 habitants : il est urgent que le souhait des médecins Tortugais de soigner efficacement leurs parturientes devienne une réalité. La vocation de l’Association, retour aux sources, est d’y contribuer. Ce qu’elle fait avec enthousiasme.

Sur place, la réalisation de ce projet rencontrera des difficultés certaines, il est toujours malaisé de construire, sur une petite île aux routes exécrables, à 400 mètres d’altitude. Mais tous les responsables, diocèse, commune, direction de l’Hôpital, médecins, ministère de la Santé … sont bien conscients de son importance, et souhaitent saisir la chance qui s’offre à eux d’une maternité moderne.

Je ferai tout, en m’y rendant prochainement, pour essayer de coordonner avec succès compétences et bonnes volontés.

Coiffure à domicile Cliquer sur cette petite photo.

Mésaventure …

C’est avec une grande déception que, suite au vol de mon appareil pendant un déplacement en bus, aucune photo du récent voyage à Madagascar ne pourra illustrer le bulletin. Mais pour un malfrat déterminé, combien de personnes rencontrées affables et complaisantes !
Heureusement, des amis bienveillants m’ont permis d’utiliser leurs images, redonnant vie au texte (José Gondrot, Daniel Devillers, Sophie Toulouse).

Francine Fritel

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Trieuse de riz Cliquer sur cette petite photo.

Madagascar.

Le pays ne se développe pas. La pauvreté ne cesse de s’accentuer quand une minorité s’enrichit insolemment. Aides et subventions affluent de toutes parts, mais la population n’en voit goutte et croule sous les dettes. Des publicités tapageuses vantent les produits de luxe, tentations aux résultats dramatiques.

Pourtant, la croissance économique grandit, +9 %, nombreux scooters, vélos, pousses chinois à trois roues : nouveauté introduite par les chinois de plus en plus présents, et comme partout, une foison de portables dont les frais sont décidément trop élevés pour un bon usage. Des quatre×quatre arrivent du Japon au port de Tamatave, réservés à une grosse minorité fortunée. 4.000 kms de routes refaites depuis 2002, c’est une grande amélioration, à poursuivre.

La population augmente : 18 millions d’habitants, mais pas la surface de riz à cultiver. Nécessité d’importer du riz du Pakistan, de l’Inde. Le prix du lait a doublé en un an, la production est insuffisante. L’intégration de vaches venues de Nouvelle Zélande, excellentes laitières, serait sensible en 2008, le temps pour elles de s’adapter aux conditions climatiques locales.

Etes-vous du matin ou du soir ?

Le prix de la viande de zébu au marché de Tuléar, dans le sud-ouest, varie en fonction de l’heure. Le matin, 3000 Ar/kilo : un bon prix. Le soir, après une journée exposée au soleil et aux mouches, il tombe à 1.000 Ar. Les pauvres sont du soir. La chaîne du froid n’existe pas.

Quelques chiffres : (10.000 Ariary = 4 €)

Alors il ne reste plus grand-chose pour la santé, l’écolage et le tombeau. Car si l’habitation ne comporte souvent qu’une pièce et une petite cuisine, le tombeau se doit d’être un palais.

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Nos dispensaires et écoles en bonne marche.

Nous ne nous étendrons pas longtemps cette fois sur les avancées des différents centres que l’Association soutient : ils font tous, chacun dans leur spécificité, un travail en profondeur. Grâce à vos dons, nous sommes présents à leurs côtés. Les dispensaires et laboratoire sont maintenant bien rôdés, l’électricité fonctionne à Antsiramandroso, comme à Marotsiriry, grâce à des panneaux solaires, réfrigérateurs et congélateurs apportant un confort élémentaire très prisé. Elle permet aussi aux élèves en formation de suivre des programmes d’éducation à la télévision, seule animation dans cet endroit isolé. Le Village de l’Amitié soutient ses lépreux dans leur vie difficile.

Ecole ménagère Cliquer sur cette petite photo.

L’Ecole de Formation ménagère des filles à Tamatave voit une baisse significative de ses effectifs dûe, m’a-t-on dit, à la pauvreté des familles, qui ne peuvent plus assumer les frais. Originaires de la brousse pour la majorité, les filles sont logées dans une famille d’accueil à Tamatave. Ce prix de pension, ajouté à l’achat de matériel couture/cuisine dépasse leurs possibilités. C’est d’autant plus regrettable que ces trois années de formation débouchent souvent sur un emploi.

A l’Ecole des Enfants de Joie, par contre, le nombre des petits ne cesse de croître. Madame Georgette doit limiter les inscriptions. Le don de l’Association lui a permis tout récemment de faire l’acquisition d’un nouveau terrain contigu à l’école. Des scouts vont venir y construire un bâtiment. Ses projets ne manquent pas pour nourrir les enfants : une ferme pour le lait, des petites rizières, une pièce d’eau avec élevage de poissons.

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La Vie telle qu’elle est vécue.

Nous avons choisi de vous y faire pénétrer dans la région de Brickaville, petite « province » de la Côte Est, au carrefour des routes de Tana et Tamatave. La population y est pauvre et peu évoluée, et très attachante. Nous parlerons des missionnaires monfortains, de la religion, et des traditions vivaces encadrées par les anciens. Egalement de la famille et des problèmes de santé.

Nos amis monfortains de Brickaville m’ont aidée à évoquer la vie et les croyances des « côtiers », je les en remercie.

Les missionnaires Cliquer sur cette petite photo.

Les Missionnaires.

Brickaville est un poste missionnaire important, qui comporte près de 80 églises catholiques, dont bon nombre d’entre elles ne sont que des cases plus ou moins grandes. 90 % de la population pratique la religion traditionnelle, la religion des ancêtres. Catholiques et protestants se partagent 8 %, les sectes sont encore peu implantées.

Les monfortains européens ne sont plus que sept à Madagascar, basés dans cette région du centre Est, quatre Français et trois Italiens. Une douzaine de départs ont eu lieu récemment, décès, problèmes de santé et départs à la retraite. Treize Malgaches qu’ils ont formés assurent une relève active, une quinzaine de jeunes sont en formation. Ainsi l’esprit missionnaire se transmet-il, rayonnant dans le pays. Esprit de pauvreté au milieu des plus pauvres, comme l’a pratiqué et enseigné le Fondateur, Louis Grignon de Montfort, dévotion à la Vierge Marie, évoquée comme une mère. Quelques religieux et religieuses (Filles de la Sagesse) Malgaches ont même été envoyés comme missionnaires en Papouasie, aux Philippines et … à Rome.

A Brickaville même, trois pères et un frère se répartissent travail paroissial et tournées en brousse : dans les villages éloignés, on attend leur venue, rare, avec grande ferveur. Préparations, mariages, baptêmes, communions, rencontres avec les groupes de jeunes, les malades, ils doivent posséder une santé physique et morale à toute épreuve. L’épidémie de chicunguya l’année dernière leur a laissé un souvenir amer de douleurs et de fatigue.

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La maison des pères Cliquer sur cette petite photo.

La maison des Pères.

C’est une maison d’accueil, chacun y est le bienvenu, selon les anciennes traditions, et peut partager joies et tracas. Les voyageurs y trouvent un hébergement, les jeunes un espace pour se réunir.

Maintenant on la voit de loin, elle étincelle aux rayons du soleil, elle chantonne sous le clapotis de la pluie : sa toiture est enfin restaurée !!! L’Association Roger Riou lui avait permis l’achat des matériaux, il y a quelques temps, mais les poutres devaient être redressées sous presse, et le bois bien sec. Les tôles attendaient d’être placées. Pendant ce temps, les oiseaux pondaient sur les tôles rouillées. On plaçait de grosses pierres sur le toit, qui servaient de nid. Les petits s’abritaient dessous et grandissaient à la chaleur du soleil.

Avant l’arrivée des cyclones, une équipe très motivée est passée à l’action, mettant en route en premier lieu un important travail de démolition, nettoyage, déménagement de meubles et dossiers pour les protéger de l’inondation (le dessus du toit constituait une sorte de réservoir). L’état des vieilles poutres toutes pourries fait frémir !

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Le four solaire Cliquer ... Des cases sur ces petites photos.

Four solaire.

On l’étrenne, on l’observe, on le jauge, ce four solaire apporté par José et Paulette. Il faut s’habituer à ce nouveau mode de cuisson, lent mais économique, et suivre le soleil dans sa trajectoire.

Un délicieux gâteau est sorti de sa caisse.

La pluie n’était pas au rendez-vous.

En cette période automnale, on redoute la venue des grosses pluies. Mais cette nuit, à Brickaville, c’est le feu qui s’est déclaré, en plein centre. Construites en bois et recouvertes de feuillages, 150 cases, habitations et entrepôts sont partis en fumée. Par manque d’eau, la rivière est pourtant proche mais le matériel se résume à quelques seaux, il a fallu abattre les cases avoisinantes comme pare-feu.

Heureusement, aucun dégât corporel à déplorer, et au milieu de l’anéantissement général, on se félicite de l’absence de vent qui aurait propagé le feu à la ville entière.

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Ecole Diapason Cliquer sur cette petite photo.

Antsampanana.

Non loin de Brickaville, se situe le village très animé de Antsampanana, carrefour des routes du Sud et de la capitale. La petite école Diapason, construite en 2006 par les amis du Père Claude et de son frère Gilles Boichut (résidant au Pègue, dans la Drôme), a été au coeur d’une armée de bénévoles animée par Roland et Daniel, qui a recouvert de ciment le sol. Monsieur Jean-Claude, le directeur, s’est en effet aperçu que des puces affamées taquinaient en classe les enfants assis par terre.

Deux amies étudiantes parisiennes, Clémentine et Laure, projettent de s’y rendre un mois cet été pour s’occuper des jeunes. Très motivées, elles apprennent le malgache, et comptent intéresser des écoles de Boulogne à leur démarche. Monsieur Jean-Claude les attend avec impatience. Leur expérience fera-t-elle naître d’autres vocations ?

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Fumées de tavy Cliquer ... Fruits et légumes sur ces petites photos.

Pêche et culture.

Bien desservie par les taxis-brousse, la région vit essentiellement d’agriculture et d’élevage, ainsi que des petits commerces de proximité. Elle utilise les moyens traditionnels : la culture sur brûlis, le tavy, consiste à brûler des portions de bois et de terres pour de nouvelles plantations, ce qui détruit gravement l’écosystème. Alors que sur les Hauts Plateaux on utilise la herse et la charrue, ici, la faucille et la houe sont les instruments aratoires courants. Les zébus sont conduits sur les rizières pour y amollir les mottes en piétinant la terre. Pluie et chaleur développent une végétation splendide, dont le ravinala (arbre du voyageur) est une manne inestimable : ses feuilles tressées forment le toit des cases, les tiges en sont les parois. De nombreux bras de rivières sillonnent cette côte. Les pirogues, creusées grossièrement dans un tronc d’arbre, desservent des villages du bout du monde, transportant riverains et marchandises.

Pour les paysans, les profits sont minimes. Ils ne peuvent constituer de réserves, toutes sortes de prédateurs, rats et autres vermines sont à l’affût. Ils écoulent leurs marchandises au fur et à mesure auprès de revendeurs qui eux, au moment le plus critique de la soudure entre deux récoltes en novembre/décembre, les mettent sur le marché au prix fort. Pour les planteurs de bananes, pas d’autres moyens que de transporter les régimes sur de petits radeaux maniés à la perche : attention aux bancs de sable !

Lichis ... Cliquer ... Belle pêche sur ces petites photos.

Les lichis.

Près de 20.000 tonnes exportées cette année. Mais la pluie n’étant pas au rendez-vous, le calibrage exigé de 28 mm n’est souvent pas atteint et les bénéfices sont minces.

La pêche.

Elle constitue une autre ressource, en rivière et en mer où la barre, impressionnante, stimule l’habileté des jeunes pêcheurs. Des accidents arrivent, bien sûr, les requins ne sont jamais loin.

Budget.

Aucune autre rentrée d’argent que ces maigres bénéfices, évoluant entre sécheresse et inondations. D’où la grande difficulté d’améliorer la vie. A la distillerie de rhum, toute proche, 838 employés ont été débauchés. Les 330 restants s’accrochent, sachant que cela ne durera pas, car les machines sont vieilles.

Un des ouvriers mis au chômage s’est arrêté à la maison des Pères : il devait se rendre à la ville toucher sa prime de renvoi, mais n’avait plus de quoi vivre, ni payer le bus. A son retour, tout heureux, il est venu rembourser le prêt.

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La religion.

Mais à quoi correspond au juste la Religion Traditionnelle ?

On pourrait la définir comme une communion permanente entre les vivants et les morts. C’est un synchrétisme qui unit le culte des ancêtres et les religions, catholique et protestantes. Ainsi, à la fête des morts, qui dure plus ou moins tout le mois de novembre, les églises se vident car les familles se retrouvent autour des tombes de leurs ancêtres, qui peuvent être très éloignées de leur domicile, à plusieurs jours de marche et de taxi-brousse.

Le chef de famille anime les festivités, offrandes, boissons, et supplie les morts d’accorder leur bienveillance aux vivants. Palabres interminables, repris par chacun, et repris encore, indéfiniment.

Les traditions.

Un rite que tout malgache pratique, la Sambatra, ou circoncision. Au cours de la fête, le petit morceau de prépuce, fourré de banane, est consommé par l’homme le plus respectable de la famille, alors que le jeune enfant, encore sous le choc du couteau, prend conscience de son importance nouvelle et s’émerveille des cadeaux.

La Tsaboraha, fête de remerciement pour une bonne récolte ou toute autre richesse. La famille achète un ou plusieurs zébus, qui seront tués à l’issue d’une course-poursuite sacrificielle aux rites sauvages, à laquelle le village entier est convié. Prières, boissons, repas alternent durant la journée qui se termine par le partage de la viande et du sang du zébu. Ces festivités, fort onéreuses, peuvent engloutir le bénéfice de la récolte, mais qu’importe, les ancêtres, honorés, doivent se réjouir du fond de leurs tombes.

Le rôle des devins.

Le Tromba, sorte de vaudou, ne s’adresse pas aux chrétiens. Un esprit s’empare d’une personne, qui danse semi consciente, et doit trouver le remède miracle pour un malade. Mais contrairement au vaudou haïtien, l’esprit refuse de jouer le jeu s’il découvre la présence d’une croix, ou entend marmonner une prière catholique. Le danseur est fier d’avoir été choisi par l’esprit, également il est heureux de faire du bien au malade. Car le devin va prescrire les remèdes de la nature qui soulagent, feuilles, écorces, lianes …

La cause profonde de ces séances est la pauvreté de la vie. Eloignée d’un hôpital, la famille ne peut payer trajets, médecin et hospitalisation, encore moins les médicaments. Les frais du Tromba sont beaucoup plus accessibles et, en prime, il procure rêve et espoir sinon la guérison. Parfois, certains réalisent qu’ils ont été dupes, regrettent d’avoir été Trombas, et demandent à se convertir.

Superstitions.

Les Fady, émises par des devins, sont des superstitions, des interdictions variables d’un endroit à l’autre. Beaucoup ont trait à la nourriture, aliments interdits, allaitement autorisé d’un seul sein. D’autres concernent la santé. Ainsi, il est recommandé d’obtenir une ordonnance, à seule fin de posséder un permis d’inhumer qui explique la cause du décès lorsqu’il survient. Mais il est tabou d’en avaler les comprimés prescrits. Autre restriction : on ne prend jamais de médicaments le jour de la semaine qui est celui de sa naissance (par exemple, un samedi), ou les jours de pleine lune.

D’autres encore sont attachés à des lieux.

Circulant de nuit en pirogue sur une rivière assez tortueuse, sans éclairage, la question m’est venue : pourquoi naviguer dans le noir ? L’explication, je l’ai eue longtemps après : les esprits de l’eau redoutent les lumières et, mécontents, pourraient provoquer une crue du fleuve, allant jusqu’au raz de marée !

En attendant, nous avons atterri dans une rizière, tâtonnant au milieu des jacinthes d’eau pour se déhaler.

Poisons.

L’empoisonnement est une cause souvent accréditée lors de malaises inexpliqués. En l’espace de deux semaines, deux cas ont illustré cette croyance. Un homme blessé en brousse, l’os à découvert et tout envenimé, est transporté au bout de trois jours à dos d’homme sur une civière. Croyant à un empoisonnement, on lui donne à boire une potion antidote qui le fait vomir 24 heures durant, le laissant à moitié mort, avant d’arriver à l’Hôpital où l’on décèle … une infection magistrale.

Cette tradition de l’empoisonnement existe. Elle n’est heureusement pas la cause principale des décès. Les plus évolués essaient de relativiser ces croyances par les études et la religion. Les Malgaches sont par nature très religieux. C’est un des objectifs des missionnaires de les aider à abandonner ces superstitions au contenu dangereux.

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Une mine de nouvelles dans l'Express, quotidien malgache (le 24 novembre).

Les latrines.

Construction bloquée par les tabous. Seulement 42 % de la population utilise des toilettes dans les bas quartiers. La plupart des gens vont ailleurs, ou le plus souvent se soulagent n’importe où. Dans le Sud du pays, le problème vient des tabous. Toute idée d’enterrer des excréments chez soi ou dans un lieu d’habitation reste interdite. D’où forte pollution, des territoires maritimes entre autres. Faut-il alors s’étonner si les habitants contractent de graves maladies des mains sales, diarrhéiques, cause importante de mortalité infantile ?

Le problème est sérieux, les autorités en sont conscientes : célébration de la Journée Mondiale des Latrines le 19 novembre, importants projets d’assainissement en cours.

Le problème de la pollution et donc de l'assainissement est critique pour beaucoup de pays en voie de développement, et même de nombreux autres. L'article de l'encyclopédie Wikipedia que vous pouvez consulter en cliquant ici, vous donnera quelques informations sur le sujet, et des liens précieux pour en mesurer l'actualité et la gravité.

Le « vert militaire » fait des ravages.

Les arrestations continuent.

L’application de la loi punit d’emprisonnement et d’amendes le port illégal des tenues militaires.

Treillis, pantalons, casquettes et chapeaux de brousse ont été saisis, au grand dam des jeunes, qui aiment s’afficher à la dernière mode. Car les bandits, nombreux, sévissent en zone rurale déguisés en militaires, n’hésitant pas à dresser procès-verbal.

Mais, cette fois, le Président exagère dans la répression.

L’opposition essaie de tenir sa place face à un pouvoir qu’elle juge dictatorial. Ses reproches, sous forme de proverbes, se réfèrent à la sagesse malgache :

Les résultats des récentes élections municipales ne lui ont pas été favorables à Tana, puisqu’un jeune opposant a remporté la mairie.

Premier échec d’un homme tout-puissant.

Les enfants Cliquer sur cette petite photo.

Plus de peur que de mal !

Cette histoire rare a fait sensation :

En brousse : un matin, des petits jouaient auprès des tombes à boucher les orifices sableux, lorsqu’ils en ont vu sortir une vingtaine de serpents, agressifs, se dirigeant vers les habitations, terrorisant enfants et adultes.

La croyance de cette région Betsiléo est justement que les esprits des morts se manifestent à travers les serpents. Il fallait au plus vite les apaiser, les enfants ayant transgressé un tabou. Des offrandes rituelles furent déposées, miel et friandises, les tombes aspergées d’alcool, et après les invocations psalmodiées, les serpents regagnèrent leur domicile.

Seule une fillette ne s’en remet pas, la famille envisage de déménager.

Le Docteur Nourally.

Il est souvent à la une des journaux : pédiatre à Tana, il y soigne bénévolement les enfants depuis 50 ans. A l’occasion de la Journée Mondiale des Droits des Enfants, il a présenté Tahina, 6 ans, atteint de la maladie génétique des enfants de la lune, maladie qui attaque la peau et les yeux, sans traitement curatif à l’échelle mondiale. Tahina doit vivre dans le noir absolu, casque de cosmonaute et habits spéciaux pour le protéger des UV. Dans cette optique, le Dr Nourally a fait venir un tissu de voilage spécialement adapté, afin qu’un peu de jour pénètre malgré tout dans sa chambre. Il a pris l’enfant en charge, le soigne, et lui apporte le réconfort d’une relation affective quasi paternelle.

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Le Docteur Mamy.

Médecin généraliste à Andraisoro, banlieue de Tana très pauvre, proche du Foyer monfort, il nous parle de la santé au jour le jour :

Chez lui, pas d’horaires : tout est flou et imprécis, l’arrivée des malades dépend de leur état de fatigue s’ils viennent à pied, ou des embouteillages inextricables des bus du centre ville. Consultation et médicaments sont gratuits, le docteur se les procure auprès des monfortains qui eux-mêmes les achètent au prix de gros à la Caritas (organisme de santé catholique). Son cabinet est nu, juste un divan, et un tensiomètre usé. Le malade arrive, se plaint de maux de tête, de diarrhées … le médecin l’examine, puis imagine, sans contrôle possible, la maladie présumée. Ordonnance, médicaments.
Chaque époque a ses maladies : Janvier/février, saison humide, bronches, difficultés respiratoires. Octobre, diarrhées, maux de tête.
Si cela semble grave, le malade est envoyé à l’hôpital, mais le plus souvent il n’y va pas, c’est trop cher.

Le Docteur Mamy m’a demandé de lui venir en aide, c’est un médecin qui se désespère de ne pouvoir mieux soigner ses malades. Par l’intermédiaire d’amis, je lui ai fait parvenir un dictionnaire Vidal et un thermomètre. Il souhaite aussi un tensiomètre, le sien a l’âge de la retraite, un ophtalmoscope, un otoscope (pour examiner les oreilles), des pinces, des haricots, (pas de seringues).

Appel à toutes les bonnes volontés pour trouver ces fournitures, et me les envoyer.


Le Docteur Mamy poursuit ainsi :

Famille.

En ville, les jeunes couples ont 1 ou 2 enfants.
En brousse, 6 ou 7.
Les jumeaux autrefois étaient condamnés. Actuellement les parents en gardent un, de préférence un garçon, et donnent l’autre à la famille, car un enfant, c’est important.

Un jeune homme ne veut pas d’une femme stérile, il souhaite fonder une famille. Il épouse donc sa femme quand elle est enceinte. Si elle se révèle stérile, il fonde une seconde famille avec des enfants, c’est l’usage et tout le monde vit ensemble.

Contraception.

Plusieurs méthodes utilisées, bien que l’église y soit opposée. Au stérilet s’opposent de nombreux tabous. Le préservatif serait accepté par les jeunes, mais il est trop cher pour un grand nombre. Pour la ligature des trompes, on applique la règle des 120. Quelle est cette nouvelle règle à calculs, pourtant si simple ? On multiplie l’âge de la femme par le nombre d’enfants qu’elle a. A partir de 120, on peut pratiquer la ligature des trompes, en accord avec le couple. Ainsi, si une femme a 40 ans et 3 enfants : 40 × 3 = 120, elle peut la demander, mais si elle n’a que 30 ans, il lui faut attendre.

Le sida.

Moins présent qu’en Afrique, le sida est la nouvelle lèpre. Dépistage et médicaments sont gratuits. Mais les gens répugnent à ces examens, ils préfèrent ignorer : si le test est positif, il savent qu’ils vont mourir, chassés de leur famille qui veut se protéger, et sans doute aussi, chassés du tombeau familial, comme les lépreux.

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Vie des Associations.

L’Association Roger Riou France avait deux partenaires, la Suisse et la Belgique.

Nous recevons de cette dernière une circulaire faisant état de la dissolution de l’Association Roger Riou Belge.

Avec une équipe nouvelle aux intérêts différents, une gestion de plus en plus difficile et la diminution des dons, l’équilibre et la motivation ne correspondaient plus aux temps présents.

Nous regrettons le désistement obligé de ce compagnon qui a assumé pendant des années l’héritage de Roger Riou, et avec qui nous avons travaillé en chœur souvent sur les mêmes projets.

Bois et fers d'Haïti Cliquer sur cette petite photo.

Comment sont utilisés vos dons ?

Durant cette année 2007, l’Association a pu distribuer 52.050 €, répartis comme suit :

De plus :

Nous vous remercions à nouveau pour ce grand élan de solidarité qui nous permet de continuer. La disparition de l’Association Belge n’entame en rien notre détermination à suivre les pas de Roger Riou, en collaboration avec chaque responsable, en union avec vous tous qui nous soutenez avec cœur.

Cliquez ici pour continuer à nous aider !

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